05 coup de projecteur

Le Combat de nos grands-mères... n'est pas fini

FotoJet combat grands mères

La salle était pleine au Théâtre de l’Œuvre, jeudi 5 mars, pour la représentation de la pièce de Théâtre « Le Combat de nos grands-mères » en avant-première de la journée internationale des droits des femmes. Interprété par les actrices de la compagnie Ail et fines herbes des AIL de Fuveau, ce texte raconte, à travers le quotidien de 4 générations de femmes, la quête de l’égalité femmes-hommes.

Et c’est non sans humour que la pièce dépeint l'évolution de la condition féminine en France, des années 50 aux années 2010. « On a avancé en 60 ans plus qu'en dix siècles » s'enthousiasme Éric Florentino de l'association SOS femmes 13 après la représentation.

Des avancées qui ne doivent pas occulter le chemin qu’il reste à parcourir pour sortir du patriarcat et prendre en compte l’intersectionnalité, c’est-à-dire les dominations et les discriminations plurielles et multiples de sexe, de classe, d’origine, de handicap ou d’orientation sexuelle.

Découvrez la suite de l'article d'Estelle Bernard, Responsable communication de la Ligue de l'enseignement 13, à la suite...

Le lendemain, l’une des spectatrices nous écrit :

« J'ai adoré la pièce ! On ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi drôle... Nous avons pris les références du texte pour le relire car il est vraiment très intéressant ! […] Il y a beaucoup d'informations que nous ne connaissions pas ».
En effet, le personnage de Simone Veil, pilier de la mise en scène, est là pour rappeler les dates, les lois et les définitions importantes telles que la loi Neuwirth qui autorise la contraception en 1967 ou encore la première femme - et seule à ce jour - nommée 1er Ministre en France, Edith Cresson en 1991.

Les discussions et interventions qui suivent la pièce sont animées par Eric Florentino, de SOS Femmes 13. Cette association, qui vient en aide aux victimes de violences conjugales, assure l’accueil et la prise en charge des victimes, leur hébergement, la formation professionnelle et a une mission de sensibilisation.

Une éducatrice s’interroge :

« Comment accompagner les filles qui montrent une envie de liberté quand, dans leur famille, les femmes ne le sont pas ? ».
La réponse n’est pas simple. Il s’agit d’ouvrir le champ des possibles et de montre les voies qu’elles ont le droit d’emprunter. L’enjeu ici, ce sont donc bien nos représentations à toutes et à tous. Et, à minima, il s’agit d’en être conscients.

Ainsi, explique Eric Florentino, lorsque la première violence arrive dans le couple, souvent après 2 à 5 ans de relation, la première réaction de beaucoup de femmes est de se demander : « Qu'est-ce que j'ai raté ? ». Car selon les représentations générées par la société patriarcale, ce sont bien les femmes qui sont responsables de la vie familiale. C’est ainsi qu’aux blessures physiques et morales vient s’ajouter un sentiment de culpabilité.

Une spectatrice insiste, elle, sur les engagements pris au sein de son entreprise :

« Je travaille pour une société de HLM. Depuis un an, on a un service de veille : si un voisin dit qu'il a entendu des cris ou des bruits suspects, on a le devoir en tant que bailleur de proposer un autre hébergement. ».

Malgré des avancées bien réelles, le travail sur les représentations et les violences symboliques, physiques et morales faites aux femmes est plus que nécessaire et d’actualité.

« Aujourd’hui, on assume le travail, la famille, les tâches domestiques. On veut faire de nous des wonder woman, 100% performantes à tous les niveaux ».

Une spectatrice ajoute :« On a encore bien du mal à nous sentir à notre place dans l'espace public ».

Une pièce bien interprétée et mise en scène, qui ne demande qu’à être complétée, actualisée et enrichie par d’autres expressions artistiques et militantes !

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